On enchaîne avec les livres de l'été:

 

livres été2020

 

- San Perdido ***: Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panamà aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n'a pour seul talent qu'une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, ce garçon mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d'une population jusque là oubliée. Une fable qui rend hommage aux Cimmarrons (ces esclaves qui s'étaient révoltés et qui étaient partis vivre dans la jungle). J'ai beaucoup aimé le style et l'histoire: on est vraiment plongé dans la toufeur de l'Amérique centrale et dans le Panama des bidonvilles. 

 

- La Maladroite ***: Diana, huit ans, a disparu. Ceux qui l'ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et dire ce qui s'est noué sous leurs yeux: grand-mère, tante, demi-frère, instituteurs, directrices d'école, médecins, assistantes sociales, gendarmes, procureur... tous impuissants à empêcher la répetition du pire. Ce roman chorale nous interroge sur les responsabilités de chacun dans les tragédies de maltraitance, et sur notre capacité à détourner les yeux. Très dérangeant! A méditer.

 

- L'Aube sera grandiose**: Les secrets remontent toujours à la surface. Alors que Nine, seize ans, devait se rendre à la fête de son lycée, sa mère l'embarque vers une destination inconnue, une cabane isolée au bord d'un lac. Cette nuit là, la jeune fille découvre un incroyable roman famillial. Quand l'aube se levera, plus rien ne sera comme avant. Sympa.

 

- Floride *: Une panthère rôde, un ouragan se déclare, deux petites filles sont abandonnées sur une île... derrière le paysage de carte postale, la faune et la flore parfois hostiles de la Floride influent sur le destin des personnages de ce recueil. Mais Lauren Groff semble vouloir nous dire autre chose: les menaces les plus dangereuses, et les perturbations les plus puissantes viennent moins de l'extérieur que des recoins les plus isolés de notre intimité. J'avais beaucup aimé son précedent ouvrage "Les furies", celui-ci m'est tombé des mains: poisseux, surficiel. Grosse déception.

 

- La Vie en Ose**: Alice, 53 ans, fraîchement divorcée, vient de voir sa fille, la petite dernière, quitter la maison. Elle décide d'entamer un nouveau chapitre de sa vie. Elle doit se faire engager comme styliste d'intérieur, son rêve depuis toujours. Mais rien ne se déroule comme prévu, et elle se retrouve vendeuse dans une boutique de déco. Après un week end de déprime passé à binger sur son canapé, le cheveux  gras, elle décide qu'elle alignera sa nouvelle vie sur le mantra de Walter White, le heros de Breaking Bad: "l'ennemi , c'est la peur". A partir de maintenant, elle sera celle qu'elle n'a jamais osé être: elle-même. Mouais, Liza Azuelos est, selon moi, bien meilleure réalisatrice (LOL, et dernièrement "Mon bébé", sont des vraies réussites) que romancière.