Luette Esper

16 novembre 2020

Les livres de l'été 2020

On enchaîne avec les livres de l'été:

 

livres été2020

 

- San Perdido ***: Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panamà aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n'a pour seul talent qu'une force singulière dans les mains. Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, ce garçon mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d'une population jusque là oubliée. Une fable qui rend hommage aux Cimmarrons (ces esclaves qui s'étaient révoltés et qui étaient partis vivre dans la jungle). J'ai beaucoup aimé le style et l'histoire: on est vraiment plongé dans la toufeur de l'Amérique centrale et dans le Panama des bidonvilles. 

 

- La Maladroite ***: Diana, huit ans, a disparu. Ceux qui l'ont approchée dans sa courte vie viennent prendre la parole et dire ce qui s'est noué sous leurs yeux: grand-mère, tante, demi-frère, instituteurs, directrices d'école, médecins, assistantes sociales, gendarmes, procureur... tous impuissants à empêcher la répetition du pire. Ce roman chorale nous interroge sur les responsabilités de chacun dans les tragédies de maltraitance, et sur notre capacité à détourner les yeux. Très dérangeant! A méditer.

 

- L'Aube sera grandiose**: Les secrets remontent toujours à la surface. Alors que Nine, seize ans, devait se rendre à la fête de son lycée, sa mère l'embarque vers une destination inconnue, une cabane isolée au bord d'un lac. Cette nuit là, la jeune fille découvre un incroyable roman famillial. Quand l'aube se levera, plus rien ne sera comme avant. Sympa.

 

- Floride *: Une panthère rôde, un ouragan se déclare, deux petites filles sont abandonnées sur une île... derrière le paysage de carte postale, la faune et la flore parfois hostiles de la Floride influent sur le destin des personnages de ce recueil. Mais Lauren Groff semble vouloir nous dire autre chose: les menaces les plus dangereuses, et les perturbations les plus puissantes viennent moins de l'extérieur que des recoins les plus isolés de notre intimité. J'avais beaucup aimé son précedent ouvrage "Les furies", celui-ci m'est tombé des mains: poisseux, surficiel. Grosse déception.

 

- La Vie en Ose**: Alice, 53 ans, fraîchement divorcée, vient de voir sa fille, la petite dernière, quitter la maison. Elle décide d'entamer un nouveau chapitre de sa vie. Elle doit se faire engager comme styliste d'intérieur, son rêve depuis toujours. Mais rien ne se déroule comme prévu, et elle se retrouve vendeuse dans une boutique de déco. Après un week end de déprime passé à binger sur son canapé, le cheveux  gras, elle décide qu'elle alignera sa nouvelle vie sur le mantra de Walter White, le heros de Breaking Bad: "l'ennemi , c'est la peur". A partir de maintenant, elle sera celle qu'elle n'a jamais osé être: elle-même. Mouais, Liza Azuelos est, selon moi, bien meilleure réalisatrice (LOL, et dernièrement "Mon bébé", sont des vraies réussites) que romancière.

 

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29 septembre 2020

Les livres du deuxième trimestre

Mes lectures après le déconfinement, en attendant "les vacances":

livres post confinement

 

- le discours**: Lors d'un dîner de famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu'il doit prendre la parole au mariage de sa soeur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n'espère qu'une seule chose: que Sonia revienne... Impatiente de le lire après le buzz autour de Zaizai zai et d'open bar (2 romans graphiques), je n'ai pas vraiment été transpotée, même si parfois on sourit à son humour par l'absurde.

 

- Val de Grâce***: Comment oublier 200 mètres carrés dans un immeuble haussmanien, rue du Val de Grâce, au coeur de la capitale? Comment oublier les odeurs, le toucher d'un appartement dont on connaît le moindre recoin? Comment oublier l'enfance heureuse et préservée, qui donne droit à tout: aux confiseries à la boulangerie à compte ouvert; à la patience de Madame Jacqueline; aux rêves de princesse de conte de fées? Au Val de Grâce, tout devient beau, tout y est magique. Tout paraît éternel: les enfants ne voient pas le manque d'argent, l'usure, le temps qui passe. On ne leur raconte pas la douloureuse histoire familiale, les parents juifs immigrés, fuyant la Shoah. Mais cette histoire a son terme au bout de vingt ans. La disparition de la mère sonne la dernière fête, puis la liquidation du Val de Grâce. C'est l'enfance qui s'en va, les traces des parents, les souvenirs joyeux. Chez soi, en soi, on conserve un mini Val de Grâce, de précieuses reliques. Un jour, alors que la vie est en miettes, on comprend qu'il faut liquider Val de Grâce, le faire revivre une dernière fois pour mieux refermer la porte sur le passé. J'ai beaucoup aimé ce livre qui fait revivre la magie de nos enfances choyées: et même sans une histoire aussi terrible que celle de la famile Schneck, on peut s'identifier à cette douceur de certains lieux que l'on a dû un jour fermés et qui, pourtant restent gravés, fantasmés, qu'importe.

 

- Les Inséparables: Simone Veil et ses soeurs ***: Elles sont trois soeurs: Madeleine, dite Milou, Denise et Simone Jacob, rescapées des camps de la mort. Rapatriées en mai 1945, Milou et Simone apprennent à Denise, déjà rentrée, que leur mère est morte d'épuisement. De leur père, André, et de leur frère Jean, elles espèrent des nouvelles. Déportés en Lituanie, ils ne reviendront jamais. Pour les soeurs Jacob, le retour est tragique. A la libération, on fête les résistants, mais qui a envie d'écouter le récit des survivants? Puis en 1952, Milou meurt dans un accident de voiture. Denise et Simone restent les seules survivantes d'une famille décimée. Plus que jamais inséparables. A partir de souvenirs personnels et d'archives inédites, Dominique Missika éclaire la jeunesse des filles Jacob et raconte la difficulté de certains déportés à trouver une place dans la France de l'Après-Guerre. Loin de la vie publique des soeurs Jacob, ce livre s'attache à l'envers du terrible du décor: comment vivre après avoir survécu à l'indicible?

 

- Eden Springs*: Au printenps 1903, une communauté religieuse du Michigan evaille la curiosoitéavec ses maisons victoriennes, son verger luxuriant et son parc d'attractions ouvert à tous. Benjamin Purnell, le charismatique leader, promet la vie eternelleà ses adorateurs, en particulier aux belles jeuness filles . Comment expliquer alors qu'une adolescente ait été enterrée? Basé sur une histoire vraie, ..... Bof, j'avais beaucoup aimé "Esprit d'hiver" de la même auteure,un huit clos à la limite du fantastique. Ici, une sorte de reportage,sans intérêt.
- La fille secrète ***: Lorsque Kavita, pauvre paysanne indienne, enfante pour la deuxième fois une fille, c'est une catastrophe pour son mari et sa famille. Et la mort dans l'âme, la jeune mère se résout à confier son nourrisson à un orphelinat. De l'autre côté de la terre, aux Etats Unis, Somer et Krishnan, médecins tous les deux, elle américaine, lui indien, ne peuvent pas avoir d'enfants. Ils recueillent la fille de Kavita, la nomment Asha, lui offrent amour, éducation et avenir. Un jour, Asha, devenue grande, veut connaître ses origines. Son retour en Inde, sa quête ne seront pas faciles et mettront en péril l'équilibre précaire de sa famille. Trouver ses origines ne définit pas forcément qui on est, surtout quand on est pétri de 2 cultures si différentes: un super roman que je recommande. 

 

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21 août 2020

Les livres du confinement:

Je n'ai finalement pas lu tant que ça pendant cette période...et pourtant, le 16 mars, j'ai eu le vertige de me dire que pendant cette grande plage de temps suspendu, je pourrais enfin venir à bout de ma (mes) piles de livres à lire....

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- Le bonheur dépend parfois d'un flocon ***: A l'approche des Fêtes, Iris décore sa petite auberge perdue dans la campagne pour accueillir quelques habitués, restés fidèles au fil des ans malgré les difficultés financières de l'établissement. C'est alors qu'une tempête de neige inattendue précipite chez elle tout un petit monde: il y a là Molly, qui écrit des livres pour enfants, en panne d'inspiration. Marcus, le jeune veuf séduisant, a bien du mal à gérer ses deux petites filles. Hannah, qui venait se marier, est surprise de retrouver Luke, son ami d'enfance, qui n'est autre que le petit-fils d'Iris.... Les histoires s'entrecroisent et alors que tout semblait mal parti, cette tempête de flocons va les réunir, et qui sait? Changer le cours de leur vie à jamais. Plus tout à fait de saison (c'est vraiment l'equivalent des comédies de Noël, diffusées à partir du 10 décembre! Mais un vrai régal au début de cette période si anxiogène!).

 

- Devenir***: Dans ses mémoires très attendues, Michelle  Obama raconte son parcours exceptionnel, depuis son enfance dans le South Side de Chicago en passant par les années au cours desquelles elle a dû concilier sa vie d'avocate et de mère de famille, jusqu'aux 8 années passées à la Maison Blanche, où l'ancienne Première dame a su imprimer sa marque tout en soutenant son mari, alors qu'il dirigeait l'Amérique pendant des moments difficiles. C'est une biographie lumineuse, qui permet d'avoir une meilleure appréciation des sacrifices que font les politiques et leur familles pour embrasser un destin hors du commun. Elle ne passe pas forcement sous silence certaines diffcultés, ce qui rend son témoignage d'autant plus réaliste et interressant. Et evidemment bien plus fouillé

 

- Les Autres ***: Théo fête ce soir ses vingt ans et rien ne devrait troubler ce moment de convivialité et de réjouissance. Rien sinon le jeu de société que son frère aîné lui offre, et qui révélera à chaque participant la façon dont les autres le percoivent, menaçant de remettre en cause l'idée qu'il se faisait de lui-même et des sentiments réciproques l'attachant à ses proches. Au fil de la partie, le jeu devient révélateur des secrets de famille jusque là soigneusement occultés par la honte, la déception ou la souffrance ... et nul ne sortira indemne de la soirée. J'adore cette auteure, un peu comme Douglas Kennedy: à chaque livre elle change de style, de narration! Pour celui ci, un découpage en 3 parties assez judicieux ...même si j'ai trouvé la dernière un peu redondante.

 

-Ils ont tué l'école ***: A la recherche d'un métier utile, Marion Armengod, journaliste, se laisse tenter par un poste d'enseignante en Seine Saint Denis, pour des remplacements. Son contrat signé, la désillusion commence. Entre sa responsable qui la promène d'une école à l'autre, d'une ville à l'autre, le nombre alarmant des collègues victimes de burn out, les élèves en grande détresse, les locaux indignes et le dilettantisme de sa hiérarchie, l'auteure retrace ses aventures, tantôt tendres, tantôt dramatiques: celles d'une jeune enseignante qui met ses convictions à l'épreuve et expérimente, avec un regard neuf la réalité du terrain. Ce livre, offert par une amie, mère de professeure des ecoles en ZEP est un vrai coup de poing. C'est effarant de voir comme certains de nos enfants sont accompagnés. Quel genre d'adultes pourront-ils devenir?

 

 

 

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03 juin 2020

Les livres du premier trimestre 2020

En fait pour être tout à fait précise, ce sont les livres d'avant...le confinement.

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- Charlotte Perriand: une architecte française au Japon ***: Juin 1940, Charlotte Perriand quitte la France. Endormie dans sa cabine, elle fait un cauchemar. Le Corbusier, sous les traits d'un corbeau, lui fait des reproches: "tu auras tout le temps de méditer le mal que tu m'as fait.". Pourtant cette architecte avant-gardiste va vivre une période fondamentale dans sa vie:  l'immersion dans la culture et les traditions nipponnes sera pour elle une véritable révélation. Cette expérience lui permettra de développer sa vision de l'architecture d'intérieur: réformatrice, alliant tradition et modernité, adaptée au confort de la vie moderne. Cet hiver, Charlotte Perriand était partout, je ne suis pas très BD et pourtant ce roman graphique m'a enchantée. 

  

-Et devant moi la liberté***: "Percy m'a quittée hier. Il a décidé de ne pas poursuivre le voyage. Me laissant libre de partir avec lui ou pas. Tel un ultimatum Je ne l'ai pas suivi. La tempête que nous avons essuyée avant hier était-elle à l'image de notre couple qui chavire? peut-être. C'est donc moi qui le quitte. Au fond je l'ai déjà fait depuis mongtemps, je crois. Et devant moi la liberté." Un autre éclairage sur la vie de Charlotte Perriand, ce livre est son journal imaginaire; lu dans la foulée du roman graphique; j'ai été happée par la force de cette femme.

 

- Georges Sand**: Georges Sand défia les préjugés et les conventions sociales de son temps pour devenir la première écrivaine professionnelle de France. Elle triompha d'un malheur conjugal, brava le scandale public, s'habilla comme un homme pour accéder à des lieux jusqu'alors interdits aux femmes. Dans son oeuvre, elle dénonça les discriminations et les injustices et réinventa en profondeur les personnages féminins. Encore une personnalité féminine forte et il y a longtemps que je voulais lire un livre sur Elle (En fait, depuis que j'avais vu une pièce étonnante au Festival d'Avignon, de et avec Caroline Loeb, remarquable en Georges Sand). Ce livre fait partie d'une collection publiée par le Monde, c'est bien documenté...mais pas vraiment une lecture plaisir. Comme quoi, la passion de l'auteur pour son sujet est bien indispensable!

 

- La symphonie du hasard**: "Toutes les familles sont des sociétés secrètes". A New York, dans un bureau, une éditrice lit un manuscrit, une oeuvre qui la trouble et qui va la replonger dans son passé et celui de sa famille. Sur le papier, une famille comme tant d'autres au pays de l'Oncle Sam, un bonheur propret, une vie plutôt confortable . Et pourtant.... Aux années soixante inscouciantes vont succeder les années soixante-dix tumultueuses. Et faire exploser au passage toutes ces familles qui croyaient encore au rêve américain... Evidement avec un pitch pareil et plutôt fan de Douglas Kennedy, j'ai plongé sur ce premier tome de la trilogie. Il m'a fallu pas mal de temps pour rentrer dans l'histoire. Mais finalement, je pense que je lirais la suite des aventures d'Alice.

 

-le dernier gardien d'Ellis Island***: New York, 3 novembre 1954: dans quelques jours, le centre d'immigration d'Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté et remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent: Liz, l'épouse aimée mais aussi Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé. Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'évènements tragiques. Même s'il sait que l'hommme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige. J'ai decouvert Gaelle Josse il y a maintenant 1 ou 2 ans et j'aime beaucoup son écriture: elle sait nous installer dans une ambiance en peu de pages et explore ses personnages avec beaucoup de finesse. 

 

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20 janvier 2020

Les derniers livres de 2019 (3)

Mes dernières lectures sur 2019:

livre2019

 

- La chance de leur vie**: Hector décroche le poste de ses rêves dans une université de Caroline du Nord. Il s'envole alors, avec sa femme Sylvie et son fils Lester, loin d'une France marquée par les attentats. Mais l'équilibre familial est ébranlé: tandis que Sylvie peine à s'adapter à cette nouvelle vie, le charisme d'Hector fait des ravages parmi les femmes. Quand à Lester, il traverse une crise spirituelle et s'adonne à d'inquietants rituels avec ses camarades... Mouais, c'est sans doute la 4 ième de couverture que j'ai préferée!

 

- La Révolte***: En 1173, Alienor d'Aquitaine pousse 3 de ses enfants à la rebellion contre le Roi d'Angleterre, son second époux. La voici racontée par son fils, Richard coeur de Lion, dans une oeuvre pétrie de poésie et de cruauté. Un regard qui révèle deux personnages pleins d'amour, d'honneur et de violence. J'avais beaucoup aimé "le Roi disait que j'étais diable", son premier opus sur la vie d'Alienor d'Aquitaine (j'en parle là). Celui-ci est tout aussi passionnant, une histoire encore racontée à plusieurs voix pour des personnages historiques avec un destin "bigger than life".

 

-Filles de Shanghai***: Chine 1937: Dans un Shanghai qui est le joyaux de l'Asie, vivent les soeurs Chin, Pearl et May, magnifiques jeunes femmes aisées et rebelles, aux tempéraments pourtant opposés. Mais l'inscousciance s'arrête brutalement pour les deux soeurs, le jour où leur père, ruiné, décide de les vendre à des Chinois de Californie, venus chercher des épouses en Chine. Dans la déliquescence des années 30, comment 2 jeunes femmes vont traverser leur pays, au bord de la guerre et en pleine insurrection, et s'adapter à une nouvelle culture, avec un secret qui les lie pour toujours. Pas mal. J'ai prévu de lire le second tome....

 

- La part des flammes**: Mai 1897: le Tout-Paris se presse à la plus mondaine des ventes de charité. La charismatique Duchesse d'Alençon, petite soeur de Sissi, a pris deux jeunes femmes sous sa protection en dépit du qu'en-dira-t-on. Scellant le destin de ces trois héroïnes, l'incendie du Bazar de la Charité bouscule ce monde cruel et raffiné, et plonge Paris dans le deuil. Mais il permet aussi des amours et des rapprochements imprévus, des solidarités nouvelles, des libertés inespérées. Car naître à soi-même demande parfois d'en passer par le feu. Basé sur un fait réel, c'est une plongée dans l'aristocratie française, effectivement sans aucun rapport ou presque avec la série Netflix... mais qui ne m'ont transporté ni l'une ni l'autre. 

 

- Les dames de Kimoto***: A travers le récit des amours, des passions, et des drames vécus par 3 femmes de la même famille de générations différentes. Les dames de Kimoto dresse un tableau subtil et saisissant de la condition féminine au Japon de la fin du XIX  au XX siècle. L'auteure, réputée être "la Simone de Beauvoir du Japon" retranscrit parfaitement les contraintes et les problematiques auxquelles sont confrontées chacune de ces femmes. J'ai trouvé le ton très juste, et donc beaucoup aimé ce livre.

 

- Ma mère avait raison***: Ce roman vrai est la pierre d'angle de la grande saga des Jardin. Après le portrait du père merveilleux (Le Zubial), du sombre grand-père (Des gens très bien), du clan bizarre et fantasque (le Roman des Jardin), voici l'histoire de la mère d'Alexandre: on y découvre une femme hors norme, qui ose tout, et qui s'impose comme l'antidote absolu de notre siecle timoré. J'avais beaucoup aimé ses premiers romans (" le Zebre", "Fanfan"); mais si "des gens très bien" a sans doute eu un effet cathartique pour l'auteur, il avait des relents de règlements de compte, qui m'ont mis plutôt mal à l'aise! Celui-ci est une vraie déclaration d'amour maternel ! J'ai bien aimé.

 

- Avec toutes mes sympathies***: Jusqu'à la mort de son frère en octobre 2015 à Montreal, Olivia de la Lamberterie, critique littéraire, ne voyait pas la nécessité d'écrire. Le suicide de son frère Alex l'a transpercée de chagrin et mise dans une colère folle. Parce qu'un suicide, c'est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux. Pourtant Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s'est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage et dire le bonheur de l'avoir eu comme frère, lui a semblé vital. Elle voulait inventer une manière joyeuse d'être triste. Et c'est réussi!

 

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11 octobre 2019

Les livres de 2019 (2)

Comme promis, les livres du troisième trimestre 2019:

 

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 - Une éducation ****: Tara Westover n'a jamais eu d'acte de naissance, ni de dossier scolaire, car elle n'a jamais fréquenté une salle de classe. Pas de dossier médical non plus, car son père ne croyait pas à la médecine mais à la fin des temps. Enfant, elle a regardé son père mormon s'enfermer dans ses convictions survivalistes et un de ses frères sombrer dans la violence. Pourtant à l'adolescence, elle décide de s'éduquer toute seule et son combat pour la connaisssance la menera bien loin de l'Idaho, jusqu'à Harward et Cambridge. Mon coup de coeur 2019, c'est certain!! Ce témoignage sur la plongée dans la vie des Survivalistes américains (et là c'est beaucoup moins fun que dans lfilm "Captain Fantastic", que j'ai, par ailleurs, beaucoup aimé) est vraiment passionnante. Et même si on n'y est pas confronté directement, les thèmes abordés sont universels: quelles places tiennent dans notre construction d'individu le modèle parental, notre milieu social et l'éducation (au sens large) que l'on reçoit ? Est-on totalement libre de nos choix? Comment s'intégrer dans une société en mutation sans renier son passé?.... Bon j'ai adoré.

 

- Kaiser Karl ***: L'auteure dresse un portrait féroce de ce personnage hors norme.... et qui n'aurait sans doute pas pu être aussi complet, tant qu'il était vivant. Instructif. Le style est plutôt journalistique, donc facile à lire... mais pas envoutant non plus.

 

- Les heures silencieuses ***: Delft, novembre 1667: Magdalena van Beyerense confie à son journal intime. Fille de l'Administrateur de la Compagnie des Indes Orientales, elle est mariée très jeune, et a dû renoncer à sa passion: travailler avec son Père dans la Compagnie. Elle va évoquer pêle mêle son enfance, sa vie de femme, de mère ; mais aussi dépeindre les conditions de vie de son époque: la place des femmes qui, même dans les milieux favorisés, n'était pas forcement enviable.... J'ai découvert Gaëlle Josse en 2018 dans un tout autre registre () .... et décidement j'aime beaucoup. Elle me fait finalement un peu penser à Douglas Kennedy, auteur qui peut changer de registre et rester tout aussi passionnant! 

 

- Ces rêves qu'on piétine**: Dans Berlin assiegé, la femme la plus puissante du III Reich se terre avec ses enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l'Allemagne nazie. L'ambitieuse s'est hissée jusqu'aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu'elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s'enfonce dans l'abime, avec ses secrets. Au même moment, parmi les colonnes de survivants de l'enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est dépositaire d'une tragique mémoire: dans un rouleau, elle tient les lettres cachées d'un père: Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fût condamné par la folie d'un homme et le silence d'une femme, sa fille. Elle aurait pu le sauver. Elle s'appelait Magda Goebbels.Le pitch était très "allechant" ! Les A/R entre les deux personnages est assez réussi...Mais autant j'ai aimé l'approche sur Magda, autant je n'ai pas été emballée par les chapitres sur le père et le personnage d'Ava. Bref, un peu déçue. 

 

- La vengeance du Pardon ***: Recueil de 4 nouvelles où l'auteur explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences. Chacune dans leur style, ces nouvelles sont assez marquantes , mettant en scène des gens ordinaires, qui vont faire des choses "extraordinanires grâce à leur capacité de pardonner...ou pas. 

 

- Le Mur invisible **:  Après une catastrophe sans doute planétaire (mais dont l'origine chimique ou nucléaire restera indéfinie), l'héroïne se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du reste du monde par un mur invisible au-delà duquel toute vie semble s'être pétrifiée pendant la nuit. Tel un moderne Robinson, elle organise sa survie en compagnie de quelques animaux familiers, prend en main son destin dans un combat quotidien contre la forêt, les intempéries et la maladie. Le livre est construit comme un journal de bord d'une femme ordinaire, confrontée à une expérience limite: chaudement recommandé par plusieurs personnes de mon entourage, j'étaits vraiment impatiente de le lire. Le format journal de bord est dynamique,on ne s'ennuie pas ...mais je crois définitivement que je ne suis pas très sensible à la science fiction.

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20 septembre 2019

Les livres de 2019 (1)

 Un post des livres du premier semestre préparé... et jamais posté!! 

livres2019 

 

- Idiss ***: Robert Badinter a écrit un hommage à sa grand-mère maternelle, immigrée juive de l'Emprie Russe venue à Paris avant 1914. Attirée par la l'histoire de tolérance de la France, Idiss, immigrée juive de l'Empire russe va arriver en France, pleine d'espoir. Mais comment s'acclimater à une société laïque, déchirée entre le rayonnement de la Révolution française et une réalité de la première moitié du XX siecle, qui est beaucoup plus repliée sur elle même. Evidement avec un style très fluide, il nous fait revivre son enfance. Bien sûr, ce n'est pas une photo impartiale de cette époque mais la vie dans la France de la première moitié du XX, à hauteur d'enfant.   

 

- Les vivants au prix des morts***: René préfère, à l'agitation de la ville, la quiètude de l'arrière-pays et la douceur d'Isabelle. Mais Kader, un détenu qu'il a rencontré losrqu'il animait des ateliers d'écriture à la prison des Baumettes s'est évadé: Kader, un encombrant revenant, belle gueule de voyou, braqueur multirécidiviste, spécialiste de l'évasion, traqué par toutes les polices est en quête d'une planque..... Malgré une écriture sous forme de journal; qui pourrait donner de la distance aux évenements, on ne lâche pas facilement ce livre (pas mon style de lecture, mais recommandé par ma fille et sa prof de français); c'est une vrai découverte...et avoir dîné avec l'auteur peu après m'a confirmé que parfois la réalité peut dépasser la fiction. Je lirais certainement d'autres ouvrages de cet auteur. Depuis, il a sorti "dernier arrêt avant l'automne", j'attends sa sortie en poche.

 

- L'amie prodigieuse IV*: Eléna, devenue une auteure reconnue, vit au gré des escapades avec son amant entre Milan, Florence et Naples. Parce qu'elle s'est éloigné du quartier populaire où elle a grandi, Eléna redoute les retrouvailles avec son amie d'enfance. Mais depuis quelques temps, Lila insite pour la voir et lui parler...La saga se conclut (....enfin!) en embrassant 60 ans d'histoiure de ces deux femmes et de l'Italie de 1950 à nos jours. Je l'ai vraiment lu parce que j'avais "tenu" pour les 3 premiers. Mais je trouve le style pesant et au final: bof....

 

- Vivre!**: Fugui, enfant gâté et unique héritier de la famile Xu, est un fils prodigue, qui dilapide son bien dans les jeux d'agent, au grand dam de son épouse Jiazhen. Ruiné, il est contraint d'aller travailller la terre. Mais ce revers de fortune se révèle une chance au moment de l'avènement de la Chine communiste: autrefois fils de propriétaire foncier, désormais simple paysan, il échappe au triste sort réservé aux nantis. Pourtant les tourments qui secouent la Chine au XX siècle n'épargneront pas sa famille. Considéré comme une oeuvre majeure en Chine, ce livre célèbre l'inaltérable volonté de vivre, par delà les malheurs et les coups du destin. Reflet de l'avènement du communisme en Chine et de ses dérives, ce roman peut se lire comme un témoignage de l'époque.

 

- Une longue impatience***: Ce soir là, Louis, seize ans, n'est pas rentré à la maison. Dans les années 50, dans un village de Bretagne, sa mère Anne voit sa vie dévorée par l'absence, qui questionne sa vie de couple et redessine celle de toute la famille. Chaque jour, au bord de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bâteau qui lui ramenera son fils. Telle une tragédie implacable, l'histoire se resserre sur un amour maternel infini. Encore une auteure que je ne connaissais pas; mais qui m'avait été chaudement recommandée. Je n'ai vraiment pas été décue; je lirais certainement d'autres livres de cette auteure. 

 

- Où passe l'aiguille**: Tomi est espiègle, tétû et malin. Il a 14 ans et rêve de filles depuis son arbre préferé. Mais nous sommes en Hongrie en 1944. L'adolescent juif, est déporté avec son père et son meilleur ami. Pour échapper à la mort, il se dit tailleur: le voilà affecté au raccomodage des uniformes rayés. Son coup de bluff se transforme en coup de foudre: Tomi tombe fou amoureux de la couture, vocation qui sauvera sa peau et illuminera son destin. Mouais, franchement j'ai été plutôt déçue: beaucoup de longueurs,   

PS: pour une de mes fidèles lectrices, qui se reconnaitra, j'ai fini (et bien aimé) "Ici, les femmes ne rêvent pas" , mais je l'ai prêté à ma voisine avant d'avoir pu le prende en photo avec les autres! Il arrive dès que je l'ai récupéré!

 

Donc les livres de l'été arrivent bientôt dans la foulée! 

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12 février 2019

Les livres de 2018 (4)

Voici mes dernières lectures de 2018:

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- Gabriëlle ***: En septembre 1908, Gabriëlle Buffet, 27 ans, femme indépendante, musicienne et féministe avant l'heure, rencontre Francis Picabia, jeune peintre à succès à la réputation sulfureuse. Il avait besoin de renouveau, elle est prête à briser les carcans: faire réfléchir, théoriser, repenser la Musique puis l'Art de façon plus général. Elle devient la femme "au cerveau érotique" qui met tous les hommes à ses genoux, dont Marcel Duchamp et Guillaume Apollinaire. Entre Paris, New York, Berlin, Zurich, Gabriëlle guide les précurseurs de l'Art abstrait, les futuristes et des Dada. J'ai bien aimé cette plongée dans le monde artistique du début XX, les auteures (les petites filles de Gabriëlle) ont su la faire revivre et nous entraîner à sa suite. 

 

- Les Amnésiques***:  Dans la ville allemande de Mannheim, d'où est originaire son père, l'auteure découvre que son grand-père Karl Schwarz a acheté, à bas prix, en 1938 une entreprise à des juifs, les Löbmann, qui périrent à Auschwitz. Après la guerre, confronté à un héritier qui réclame réparation, Karl Schwarz plonge dans le déni de ses responsabilités de "Mitlaufer", ceux qui comme la majorité du peuple allemand ont "marché avec le courant". Puis la rencontre de son père avec sa mère, fille d'un gendarme sous Vichy, est l'occasion pour l'auteure d'aborder les failles mémorielles en France. Construit comme une enquête, elle fait revivre ses grands parents allemands dans le contexte. C'est extrêmement instructif! 

 

 - L'invention de nos vies **: Sam Tahar, brillant avocat au barreau de New York, semble tout avoir: la célébrité, la fortune, un beau mariage....Mais sa réussite repose sur une imposture: pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son ami Samuel, écrivain raté qui s'enlise dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la belle Nina était restée par pitié auprès du plus faible. A mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration... l'histoire d'un triangle amoureux qui sort de l'équilibre et se redéfinit....

 

- Summer**: Lors d'un pique-nique au bord du lac Leman, Summer, 19 ans, disparaît. Elle laisse une dernière image: celle d'une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jeans et longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l'eau. Ou ailleurs? 25 ans ont passé et son frère cadet Benjamin est toujours submergé par les souvenirs et c'est en en les revisitant, qu'il va peu à peu mettre à jour les non-dits et les secrets de cette famille de la grande bourgeoisie genevoise. Moui ... parfait pour le TGV.

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05 novembre 2018

Les livres de 2018 (3)

Voici le troisième volet de mes livres lus en 2018:

 

LIVRES2018

 

 

* Celle qui fuit et celle qui reste ***: Alors que les événements de 1968 s'annoncent, que les mouvements féministes et protestataires s'organisent, Elena, diplomée de l'Ecole Normale Supérieure de Pise, se retrouve au premier rang. Elle vient de publier un roman inspiré de ses amours de jeunesse qui rencontre un certain succès tout en faisant scandale. Lila, elle, a quitté son mari Stefano et travaille dur dans une usine où elle subit le harcèlement des hommes et découvre les débuts de la lutte prolétaire. Après l'enfance (T1) et la jeunesse (T2), c'est le tome des femmes adultes. Bien sûr, le style est parfois pesant...mais je me suis atttachée à Elena et Lila... et j'attends le dernier tome (en poche) avec impatience, sans aucun doute pour l'été prochain. il paraît qu'il est vraiment très bien... A suivre.

 

*Le Roi disait que j'étais diable ****: Depuis le XII siecle, Alienor d'Aquitaine a sa légende. On l'a décrite libre, sorcière ou conquérante. Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières annnées en tant que Reine de France auprès de Louis VII. Des noces royales à la deuxième croisade, du chant des troubadours au fracas des armes émergent un Moyen-Age lumineux, qui prépare sa mue et la reconstitutiond'un amour impossible. Le choix de l'auteur de donner alternativement la parole à Aliénor et à Louis VII donnent beaucoup de vivacité...on n'a absolument pas l'impression d'un roman historique. Son nouveau roman (un temps en lice pour le Goncourt...) reprend l'histoire d'Alienor ...mais à l'époque où elle est Reine d'Angleterre...et racontée par son fils Richard coeur de Lion! Je compte bien le lire aussi.

 

* Les garçons de l'été ****: Zachée et Thadée, deux frères, étudiants brilllants et surfeurs surdoués déploient les charmes de leur jeunesse sous l'été sauvage de la Réunion. Mais lété et la jeunesse ont une fin et il arrive qu'elle survienne plus vite et plus rapidement que prévu. Le page turner de l'été! J'ai vraiment été emportée par cette famille dysfonctionnelle...

 

* Le tailleur de pierre***: Un pêcheur de Fjällbacka retrouve dans son casier à homards le corps d'une petite fille noyée. Bientôt on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avanrt de la jeter à la mer. Mais qui peut bien ouloir du mal à une enfant? Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde, Patrick Hedström, bouleversé par son nouveaeu rôle de père, mène l'enqu^ete sur cette horrible affaire. Car sous des apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations: querelles de voisinage, conflits familliaux, pratiques pédophiles dont les origines remontent aux années 1920. J'aime beaucoup de temps à autre me replonger dans l'histoire d' Erica et Patrick et découvrir quel nouveau mystère ils ont à élucider. Des romans noirs comme j'aime.

 

* Chez les Yan***: Yan Lan, l'auteure, a grandi dans la proximité des hommes les plus puissants de la Chine, de Zou Enlai à Deng Xioping... Son grand-père, Yan Baohang, d'abord compagnon de route des nationalistes Chiang Kai-shek, épouse la cause communiste et sera agent secret pendant la Seconde guerre mondiale. Son père Yan Mingfu, diplomate, interprète personnel de Mao pour le russe est le seul temoin vivant des discussions entre Mao et les dirigeants soviétiques. Mais la Révolution culturelle fait basculer la vie de toute la famille Yan: Lan a neuf ans quand les gardes rouges font irruption dans l'appartement famillial. Son grand-père est jeté en prison et meurt sept mois plus tard. Son père croupira dasn une cellule pendant sept ans et demi. Sa mère, Wu Keliang, diplomate elle aussi, accusée d'être issue d'une famille de contre-revolutionnaire, est reléguée dans un camp de réeduction par le travail où elle passera cinq ans avec sa fille. En retraçant la vie des siens, Yan Lan fait revivre un siècle d'histoire chinoise, du dernier empereur à aujourd'hui, en passant par la Révolution culturelle où vient se fracasser son enfance. Comme rarement, le lecteur pénètre les arcanes d'un système devenu fou qui décimera une grande partie de l'élite intellectuelle, économique et politique du pays. Pourtant la Chine s'est relevée, et l'histoire des Yan après la mort de Mao est celle du réveil chinois. Tellement instructif! 

 

* Le chagrin des vivants**: Durant les premiers jours de novembre 1920, l'Angleterre attend l'arrivée du Soldat inconnu, rapatrié depuis la France pour une série d'hommage. A Londres, trois femmes vivent ces journées à leur manière. Evelyn dont le fiancé a été tué et qui travaille au bureau des pensions de l'Armée. Ada qui ne cesse d'apercevoir son fils pourtant tombé au front et Hettie qui accompagne tous les soirs d'anciens soldats sur la piste de danse du Hammersmith pour six pence la danse. Dans une ville peuplée d'hommes mutiques, rongés par les horreursvécues, ces femmes cherchent l'équilibre entre la mémoire et la vie. Mouais... 

 

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27 septembre 2018

Les livres de 2018 (2)

Ensuite....

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Bonjour Tristesse**: La villa est magnifique, l'été brûlant et la Méditerranée toute proche. Cécile a dix-sept ans. Son père, veuf est un adapte joyeux des liaisons passagères. Ils s'amusent, ils n'ont besoin de personne, ils sont heureux. La visite d'une femme de coeur, intelligente et calme va faire trembler le duo père/ fille: comment écarter la menace? Dans la pinède, un jeu cruel se prépare... Culte ? Vraiment?!

 

L'orangeraie ***: Les jumeaux Amed et Aziz vivent avec leurs parents dans un pays en guerre entouré de montagnes. Au-delà vivent les chiens, leurs ennemis. Lorsqu'un des chefs de la région vient demander à leur père de sacrifier un de ses fils pour le bien de la communauté, Tamara, la mère des enfants refuse. D'autant plus qu' Aziz, atteint d'un cancer, est condamné. Comment faire ce choix impossible? Comment accepter l'impensable? Culpabilité, manipulation, amour et rédemption sont autant de thèmes qui composent ce livre coup de poing. L'histoire n'est pas datée....mais pas besoin d'une grande imagination pour transposer ce livre à notre époque! Percutant!

 

Un fils parfait ***: Quand on épouse le prince charmant, beau et brillant, qu'on a avec lui deux petites filles adorables, comment imaginer un seul instant que le pire puisse arriver? Qu'il a menti sur tout, tout le temps? Qu'il va falloir se résoudre à affronter celui que l'on a tant aimé dans une lutte sans merci. Inspiré d'une histoire vraie (sic), le récit poignant du combat d'une mère contre la machine judiciaire. Le style est très vif, on est emportée et secouée!

 

Le rire du grand blessé °: Devenir Agent est la seule échappatoire pour les oubliés de la société. Une condition: être analphabète. Une particularité indispensable pour remplir le rôle de garde-fou d'une population droguée aux livres autorisés lors de ses Manifestations à haut risque. 1075 est le meilleur d'entre eux. Froid et dur, il se dévoue corps et âmes à sa fonction. Jusqu'au jour où il croise la route d'une institutrice... Voilà c'est rare, mais il m'est tombé des mains. Pourtant j'étais enthousiaste à la lecture de la 4ieme de couverture, mais non je n'y ai pas crû une seconde, le style est lourd. Je me suis perdue. Vous l'avez lu?

 

Pactum Salis *: La rencontre improbable entre un paludier misanthrope, ex-parisien installé près de Guérande et un agent immobiler ambitieux, prêt à tout pour réussir. Liés par une promesse absurde et par une fascination réciproque, ils vont passer une semaine à tenter de s'apprivoiser, au coeur des marais salants. Clairement l'auteur de " En attendant Bojangles", que j'avais adoré, est beaucoup plus doué pour décrire les méandres amoureux que les mystères des amitiés. 

 

Posté par Luette Esper à 22:57 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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